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L'enseignement de la musique

10/06/2007 | 0 commentaire(s) | Envoyer à un ami | Réagissez

Voici un sujet bien dangereux. Je n'ai pas l'intention de revenir sur l'enseignement général de la musique aux étudiants mais sur le cas particulier de la musique contemporaine, car elle est bien le parent pauvre de la formation, quand elle n'est pas totalement absente de celle-ci.

Dans les conservatoires et universités, s'il est obligatoire d'avoir à son répertoire plusieurs sonates de Beethoven, plusieurs Bach, plusieurs Romantiques, il est toujours facultatif d'y trouver un Berio, un Stockhausen, un Manoury ou autre, et quand se présentent les imposés des examens et que se profilent des pièces contemporaines les élèves souvent paniquent car ils ont rarement déjà étudié une partition de ce type.

Pourtant, pour nous pianistes, l'étude d'oeuvres contemporaines est, je dirais, primordiale. Elle permet d'aborder autrement le piano, et surtout de découvrir des possibilités de l'instrument dont bien peu de gens ont conscience. Je note qu'il m'est souvent arrivé d'utiliser des techniques dites conteporaines dans des oeuvres romantiques.

Enseigner la musique contemporaine, oui mais comment? Là est le véritable dilemme. Je m'oppose à la création d'une option obligatoire spécialisée piano contemporain, car le résultat ne serait qu'un renforcement de la ghettoisation des musiques d'aujourd'hui. Mais par contre former les enseignants à sensibiliser les élèves de leurs classes à ce type de répertoire, puis qu'ils viennent naturellement à jouer des pièces contemporaines serait la meilleure option. Mais c'est bien un gros travail en amont de la classe de piano qui manque. En effet, rares sont les occasions d'aborder un texte actuel dans les classes théoriques, et le professeur de piano seul ne peut pas supporter les cours de piano et la sensibilisation aux nouveaux répertoires.

Si l'on voit quelques exemples de ce principe (par exemple les conférences de la SBAM en Belgique), la sensibilisation au répertoire contemporain reste ponctuelle et de ce fait peu bénéfique, et ne s'adresse qu'à des élèves ayant déjà un lourd bagage musical. C'est une action de fond qu'il faudrait mener à tous les niveaux de l'enseignement de la musique, et ce dès le début de l'apprentissage. Faire écouter le répertoire aux plus jeunes, de façon à ce qu'ils n'en entendent pas pour la première fois à 15 ou 16 ans, et cesser les querelles de clocher entre professeurs permettraient déjà une grande avancée. En effet, il est intolérable que de nos jours certains enseignants considèrent encore un certain répertoire comme du bruit inintelligible ou se moquent de la musique contemporaine. Nous ne devons pas, en tant qu'enseignants, restreindre le champ de vision d'un élève, mais l'élargir, guider et ne pas imposer. La musique d'aujourd'hui doit également être présentée comme toute les autres: pourquoi limiter l'élève à 250 ans de musique pour piano et ne pas prendre en compte la suite? C'est à l'élève seul d'aimer ou pas ces musiques, pas à nous de l'influencer ou de tronquer l'histoire de la musique.

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